Atlas piscicole du Limousin

Une centaine de professionnels, élus et élèves du lycée, venus des quatre coins du Limousin étaient réunis, lundi 4 Février 2019, pour assister à une conférence de restitution de l’Atlas Piscicole du Limousin au Lycée agricole Henri-Queuille de Neuvic. Organisée par la Maison de l’Eau et de la Pêche de la Corrèze et les Fédérations pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique de Corrèze, Creuse et Haute-Vienne, Sébastien VERSANNE-JANODET et Stéphane PETITJEAN, hydrobiologistes, ont présenté les résultats de ce vaste effort de compilation représentant 4800 heures de travail.

Ce projet, lancé il y a déjà plusieurs années a abouti fin 2018. Associant plusieurs spécialistes issus de nombreuses structures, l’atlas piscicole du Limousin avait pour objectif de reconstituer la répartition actuelle des espèces piscicoles et leur répartition passée sur la base de la consultation d’archives. Une base de données de 2000 archives historiques et 16000 données actuelles a été créée, recensant 43 espèces dont 20 introduites par l’Homme. Les effets induits par la multiplication des étangs Limousins et des retenues hydroélectriques sur la faune piscicole ont aussi été mis en évidence et reliés aux connaissances scientifiques (réchauffement de l’eau, apport de nouvelles espèces, blocage pour les migrations).

Cette photographie à l’instant t du peuplement piscicole a permis de lister les espèces de poissons en danger en Limousin : la grande alose a disparue au niveau régional, l’anguille européenne et le saumon atlantique sont en danger critique d’extinction, tout comme la lamproie marine, l’ombre commun (uniquement en Haute-Vienne) et le toxostome. La vandoise rostrée et le brochet sont considérés tous deux comme vulnérables. La truite commune est, quant à elle, quasi-menacée, alors que les autres espèces de truites ne le sont pas. L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a validé cette « liste rouge » en janvier 2019.

Ce travail vise aussi à mieux sensibiliser et éduquer les populations à la naturalité de leur territoire : qui se souvient par exemple de la présence du saumon atlantique sur la Creuse près des sources, sur la Vézère à Treignac ou le Chavanon à Confolent-Port-Dieu ? L’anguille européenne, présente sur la quasi-totalité du Limousin, a perdu 80 % de son aire de répartition, l’ombre commun, célèbre poisson de la Vienne, a lui aussi perdu de l’espace vital. L’atlas piscicole du Limousin nous montre que la perte de biodiversité se déroule aussi sous nos yeux, et pas uniquement à l’autre bout de la terre !

Pour mieux vulgariser ce travail historique et scientifique, un livre a été édité et des posters pédagogiques seront imprimés et distribués dans toutes les écoles du Limousin. Toutes les données sont mises à disposition gratuitement auprès des professionnels et des personnes intéressées sur le site internet www.atlaspoissonslimousin.jimdofree.com  ou par mail à l’adresse atlaspoissonslimousin@gmail.com.

Fédération de Pêche de la Corrèze – Lycée Agricole Henri Queuille – Maison de l’Eau et de la Pêche de la Corrèze, un partenariat renforcé

Depuis de nombreuses années, ces trois structures départementales œuvrent à l’amélioration de la connaissance de nos cours d’eau, à leur préservation et à leur restauration. Les présidents de la Fédération de Pêche de la Corrèze, M. CHABRILLANGES, de la Maison de l’Eau et de la Pêche de la Corrèze, M. GUENET, ainsi que le Directeur de l’EPLEFPA (Établissement Public Local d’Enseignement et de Formation Professionnelle Agricoles) de Haute-Corrèze, M. CAZASSUS, ont souhaité sanctuariser ce partenariat en signant plusieurs conventions en ce lundi 4 Février 2019.

Le Lycée Agricole Henri-Queuille de Neuvic fût pionnier de cette démarche en lançant des filières de formation spécifiques à l’environnement (de la seconde, au BTS, en passant par le BAC PRO), il y a déjà plusieurs années. Il intervient concrètement sur le territoire en réalisant de nombreux chantiers école de restauration de la biodiversité pour le compte de la Fédération de Pêche. Les élèves et équipes pédagogiques participent fréquemment aux pêches électriques menées par la Maison de l’Eau et de la Pêche. Le partenariat tissé entre les trois structures conduit à un échange de compétences bénéfique et équilibré au service du territoire : accueil de stagiaires, formations qualifiantes, interventions pédagogiques d’un côté et réalisation de chantiers, projets et études de l’autre.

Ce partenariat pour la protection et la restauration des milieux naturels en Corrèze jette les bases d’un véritable pôle d’excellence biodiversité au service du développement territorial.